Centres de santé communautaire

Un CHECKPOINT est un centre de santé communautaire pour les hommes gay et les autres hommes qui ont du sexe avec des hommes (HSH), et pour les personnes trans* et leur partenaires.

Bareback

Le bareback est une idéologie qui prône la prise de risque volontaire par des rapports non protégés.

Tous les rapports anaux non protégés ne relèvent pas du bareback, comme par exemple dans le cadre d’un couple !

Par ailleurs, le barebacking est un terme également utilisé pour décrire les relations sexuelles entre hommes séropositifs sans préservatifs. Pour autant que ces hommes soient sous traitement efficace (c’est-à-dire avec une virémie indétectable depuis plusieurs mois) et en l’absence d’autres infections, cette pratique est à risque restreint.

C'est quoi le bareback?

A côté de l’abandon des pratiques safe (relapse), le bareback suppose, lui, une véritable volonté d’avoir des rapports non protégés et une argumentation pour la justifier. Le bareback a sans doute toujours existé, mais il est sorti de sa confidentialité à un moment où l’épidémie a changé de visage, du moins dans les pays développés.

Le bareback se présente volontiers comme un discours révolutionnaire : la liberté du corps contre la « morale du tout capote». Pourtant, mettre un préservatif n’est en rien un geste qui entrave la liberté sexuelle. C’est un acte médical, un acte de protection, un moyen simple et efficace d’éviter de contracter ou de transmettre le virus du sida.

Pourquoi certains pratiquent-ils le bareback?

Alors qu’ils se protègent la plupart du temps, de nombreux individus ont envie d’avoir des relations sexuelles sans préservatifs et ce pour de nombreuses raisons. La première avancée est de ne pas avoir de « barrière de caoutchouc » entre les corps car cela ne correspond pas à la volonté de fusion des partenaires. La transformation progressive, depuis quelques années, de la séropositivité au VIH en infection chronique favorise ce comportement. Ces personnes cherchent des parades comme le dépistage mutuel, le choix des partenaires selon leur statut (serodisclosure et serosorting) mais ils prennent toujours un risque, en particulier lors de rapport entre hommes du fait qu’environ 15% des homosexuels en Suisse sont séropositifs.

Si l’on regarde l’évolution de la pornographie homosexuelle ces dernières années, on peut constater que la demande pour du sexe sans préservatif est très forte. Les producteurs de films pornographiques répondent à cette demande par une offre abondante de films présentant des rapports non protégés (pénétrations sans préservatif, éjaculation dans la bouche ou l’anus).

A notre avis, il ne faut pas exagérer le phénomène du barebacking. Il faut d’avantage réfléchir aux comportements de manière plus large en les replaçant dans leur contexte et dans l’histoire du sida et des autres infections sexuellement transmissibles (comme la syphilis par ex), et l’histoire de la sexualité humaine. Le sida a traumatisé la vie des gays pendant 30 ans.

Toutes les études montrent que le nombre de rapports sexuels à risque augmente parmi la population homosexuelle masculine et l’épidémie est plutôt galopante. Les informations qui courent ou les rumeurs ne sont pas toujours de bon conseil…

Je prends des risques car je pense que le sida, ce n’est pas si grave que ça

Je suis séronég

Une prise de risque peut-être liée à un manque d’information quant à la réalité du VIH/sida. Une infection au VIH reste incurable. Les traitements ne font que limiter la réplication du virus. Cela reste une infection chronique nécessitant une prise de traitement à vie et un suivi médical régulier. Même une prise en charge précoce et adéquate peut avoir des conséquences sur la qualité de vie des personnes infectées. Il s’agit de bien se renseigner auprès d’un spécialiste des conséquences possibles d’une infection VIH sur la santé si des conduites à risque sont délibérément pratiquées. Toute personne ayant fait le choix d’avoir des conduite à risque doit également mesurer le risque d’infecter un•e ou plusieurs de ses partenaires car au moment de la primo-infection le risque de transmission est extrêmement élevé.

VIH+

Je suis séropo

Etre infecté•e au VIH, ne signifie pas qu’il n’y ait plus de risque pour sa santé lorsque l’on a des rapports non protégés. Un manque d’information quant aux autres IST et leurs conséquences pour la santé, en cas d’immunité diminuée.

VIH+

Je refuse les « contraintes» de la capote et du gel

Pourtant seule l’utilisation de préservatifs, avec un lubrifiant adapté, protège du VIH et réduit le risque de contracter une IST (Infections sexuellement transmissibles). Les utiliser constamment peut être lassant, mais il n’y a pas d’alternative surtout avec des partenaires anonymes ou occasionnel•le•s si l’on veut éviter le VIH et certaines IST pouvant avoir des conséquences à long terme sur la qualité de vie.

Matériel de protection

Je sais déjà tout ça et j’assume pleinement le risque

Une épidémie ne peut être endiguée que si chacun•e fait un effort de prévention. En pratiquant le sexe sans capote, une personne contribue directement à la propagation de l’épidémie.

Epidémiologie: Qui? Combien? Pourquoi?

Je suis séronég

En ayant des rapports non protégés, on s’expose au risque de contracter le VIH et de devoir suivre un traitement à vie. Par ailleurs, cela expose également à d’autres IST qui peuvent être handicapantes en elles-mêmes. Qu’il s’agisse du VIH ou d’une autre IST, le fait d’être soit même porteur expose au risque de la transmettre tant que celle-ci ne sera pas dépistée et/ou traitée. Ainsi, le niveau de risque au sein d’une population, notamment celle des hommes qui ont du sexe avec des hommes, est dépendant des risques pris individuellement par chacun de ces membres.

Je suis séropo

Selon différents critères et en particulier l’efficacité du traitement suivi et la charge virale, il peut perdurer un risque de transmettre le VIH à une personne séronégative. Par ailleurs, un rapport non protégé expose à un risque augmenté de contracter une autre IST dont les conséquences peuvent être plus importantes et le traitement plus complexe pour une personne séropositive au VIH. Enfin, une personne déjà porteuse d’une souche du VIH peut contracter un virus du sida différent du sien présentant des résistances aux traitements en place avec un risque d’échappement thérapeutique.

Dans tous les cas, ne pas oublier...

Que seule l’utilisation d’un matériel de protection adéquate protège d’une infection au VIH et réduit le risque de contreacter une autre IST.

Qu’en cas de rapport non protégé, il faut se rendre au plus vite possible, dans un maximum de 48 heures, dans un service hospitalier d’urgence ou au Checkpoint afin d’obtenir un traitement préventif (PEP) qui empêche l’infection.

De faire régulièrement, même en l'absence de symptôme, un dépistage des principales infections sexuellement transmissibles (Big 5). 
Au moins 1 fois par an si l’on a plus d’1 partenaire et 2 fois par années si l’on a plus de 10 partenaires.

Plus le nombre de partenaires est important, plus le risque de contracter une IST est grand !